[Carte Blanche à Seb de Cinémafantastique] Tampopo

Seb nous a déjà régalés avec son très bel article sur le film Le festin chinois de Tsui Hark et ça nous a tellement plu qu’on lui a demandé de recommencer.

Cette semaine il a choisi Tampopo de Junzo Itami et je pense que ce film aussi va vous ouvrir l’appétit, je lui laisse la parole ^^

unnamed (3)

TAMPOPO de Junzo Itami.

TAMPOPO, bien que peu connu en dehors des milieux cinéphiles et asiatophiles (permettez-moi ce néologisme), représente un genre de cinéma presque à lui tout seul : le western culinaire. Drôle de genre, assez improbable que celui-là. Pourtant si sur papier, western et cuisine se marient difficilement, sur l’écran le résultat est éblouissant. Ce qui est intéressant avec l’art culinaire c’est qu’il peut se marier avec n’importe quel genre de cinéma tellement la phase de préparation constitue un inépuisable matériau cinématographique. Cuire des nouilles est un geste anodin synonyme d’ennui infini mais filmez le de la bonne manière, intégrez-le de la meilleur façon dans un scénario et cette action deviendra absolument épique. C’est ce qu’a parfaitement compris Junzo Itami. TAMPOPO est la plus belle déclaration jamais faite aux nouilles ou, plus précisément aux ramens, plat bien connu des amateurs de cuisine nippone.

unnamed (2)

TAMPOPO est une œuvre inclassable qui  sous les couverts de la comédie, passe en revue des genres aussi divers que le polar, le western italien ou le cinéma érotique, mais toujours avec la nourriture comme axe central. C’est cette versatilité qui a fait la renommée du film. L’histoire est plutôt simple et finalement assez classique. Tampopo est une restauratrice d’une quarantaine d’années qui tient un petit restaurant. Lorsqu’elle rencontre Goro, un routier de passage, elle lui demande de l’aider à préparer les meilleurs ramens de la région. Pour se faire Tampopo, aidée par une gallérie de personnages loufoques, devra apprendre et maitriser différentes techniques de préparation afin de réaliser l’ultime ramen. Nous voilà de plein pied dans le film d’apprentissage transposé dans le monde de la cuisine.

unnamed (1)

Le film est une petite perle d’humour et de décalage qui crie son amour de la cuisine et du cinéma, les deux arts se mêlent tout au long du film. Le réalisateur multiplie les clins d’œil aux classiques du cinéma et transforme la campagne japonaise en ville fantôme de western italien. Les gargotes deviennent des saloons et les clients, des cow-boys qui se regardent en chien de faïence. TAMPOPO, film sans véritable histoire, se base sur une galerie de personnages qui apparaissent et disparaissent au fil des scènes comme autant de digressions ou de sketchs toujours en rapport avec la nourriture et la cuisine qui, telles les pièces d’un puzzle une fois assemblées, donnent une idée du grand œuvre voulu par le réalisateur. Parmi tous les personnages citons par exemple « l’homme en blanc » adepte des jeux sexuels basés sur divers aliments de cuisine. Après avoir regardé TAMPOPO vous ne regardez plus jamais les gambas ou le jaune d’œuf de la même manière.

unnamed

TAMPOPO est une œuvre iconoclaste, fantaisiste, joyeuse et résolument différente qui tend à désacraliser la nourriture, le sérieux et la rigueur quasi militaire des grands restaurants. Pour Junzo Itami la cuisine est un art ludique basé sur le plaisir, la passion et jamais la contrainte. Sa mise en scène résume bien cet état de fait, très ludique elle aussi, elle met en valeur les aliments et l’amour de cuisiner. Pour cela il use et abuse des codes du western italien qui avait cette faculté d’iconiser n’importe qui et n’importe quoi jusqu’à l’absurde. Absurde, TAMPOPO l’est réellement lui aussi. Une œuvre inclassable, réjouissante et qui ouvre l’appétit. Dès la fin du générique vous n’aurez plus qu’une seule envie, grimper sur votre cheval et vous rendre dans le saloon le plus proche pour déguster un bon bol de ces délicieux ramens.

Seb, Cinémafantastique

Publicités

3 réponses à “[Carte Blanche à Seb de Cinémafantastique] Tampopo

  1. Pingback: [Carte blanche à Seb de Cinémafantastique] The Lunchbox | Pincée de fantaisie·

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s