[Carte blanche à Seb de Cinémafantastique] The Lunchbox

Après Le festin chinois et Tampopo, Seb nous parle cette fois-ci du film The Lunchbox (actuellement dans les salles). J’ai moi-même eu la chance de le voir et je l’ai beaucoup aimé, je vous avoue que je me suis précipitée dans un restaurant indien à la sortie du ciné. Mais je laisse la parole à Seb… ^^

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La cuisine indienne est l’une des plus riches, des plus goûteuses et des plus variées au monde. Il en va de même pour son ciné, même si, en Occident, on a parfois tendance à le résumer aux bluettes made in Bollywood. C’est méconnaître l’industrie du cinéma indienne qui s’ouvre de plus en plus au monde grâce à l’influence de nouveaux talents inspirés par le cinéma européen et américain. C’est le cas du scénariste et réalisateur Ritesh Batra qui, après plusieurs courts métrages récompensés et acclamés de par le monde, passe le cap du long métrage avec « The Lunchbox », une comédie romantique moins rose qu’il n’y paraît et au sein de laquelle la nourriture indienne tient une place centrale.

The Lunchbox c’est l’histoire toute simple de deux personnages brisés par le destin, un employé veuf renfermé sur lui-même et une jeune mère au foyer trompée, qui vont retrouver gout à la vie grâce à un simple panier repas mal délivré. Ce panier repas, une institution en Inde, va rapprocher ces deux personnes qui vont entreprendre une correspondance écrite de plus en plus intime. La cuisine et l’écriture comme vecteurs de rencontres, en voila une idée qu’elle est belle. Et bien exploitée par le metteur en scène qui évite tous les clichés de la rom-com pour livrer un film à la saveur douce-amère dont le plan final laisse beaucoup de place à l’interprétation. Chacun, suivant son palais et ses goûts, y trouvera une signification différente : douce ou amère. Le metteur en scène laisse le choix au spectateur.

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Le film n’est pas vraiment un film sur la cuisine, mais s’attarde aux conséquences de la cuisine et à l’acte de cuisiner. Ici tout part d’un acte d’amour : cuisiner pour reconquérir un mari qui s’éloigne de plus en plus. « Satisfaire l’estomac c’est séduire le cœur. » pensait-elle. A raison. Le début du film met en scène la préparation de repas sans insister, on comprend qu’Illa met tout ses espoirs, tout son cœur dans ces recettes. Ses plats sont la solution miracle pour récupérer l’amour de son mari. Pourtant par un curieux jeu du hasard si présent dans les choses de l’amour c’est un autre homme qui va être séduit par ces petits plats qui mettent instantanément l’eau à la bouche. Les épices, l’assaisonnement, le pain encore fumant, les narines frétillent dès l’ouverture de ces lunchbox.  Chaque ouverture de boites réserve sa surprise et apporte un peu de fantaisie et de couleur dans la vie grisâtre de cet employé de bureau. Ritesh Batra sait magnifier la cuisine de son pays et la rendre savoureuse même présentée dans d’horribles petites boites en fer. Il en profite également pour tacler gentiment les habitudes alimentaires des citadins via ces personnages de golden boys qui ne se nourrissent que de deux bananes avalées debout.

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Ritesh Batra mêle habillement tradition et modernité pour montrer que la cuisine est une pratique en constante évolution. A l’heure de la nourriture industrielle et des restaurants de masse, il est bon de montrer qu’il est possible de retrouver et d’emmener partout avec soi les sensations de la cuisine traditionnelle. Même transportée à travers toute la ville et stockée dans des boites en ferraille, un Biryani ou un masala de légumes sera toujours éminemment plus appétissant et savoureux que n’importe quelles bananes. C’est cela que veut, entre autre, signifier le réalisateur. Mettre en avant le caractère sociétale de la cuisine, son pouvoir de rassemblement, de convivialité. Apporter sa nourriture maison au travail, c’est emporter un petit bout de son foyer et de famille partout avec soi. Déguster une recette ancestrale c’est rendre hommage à sa famille, ses grands-parents et ses arrières grands-parents. La cuisine est affaire de transmission et cela est joliment illustré dans le film. The Lunchbox est une oeuvre qui redonne la foi et le sourire mais c’est aussi un film plein d’amertume, de tristesse, c’est ce mélange des genres qui fait sa force.

Seb, Cinémafantastique

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3 réponses à “[Carte blanche à Seb de Cinémafantastique] The Lunchbox

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